Dubois

Une vie française

Prix fémina 2004
L’histoire de Paul Blick, toulousain, l’enfant, petit fils de berger pyrénéen, fils d’une correctrice de presse et d’un concessionnaire Simca du temps de de Gaulle ; puis le jeune homme, l’étudiant, vaguement gauchiste sous Pompidou et Giscard ; le journaliste sportif alors que la France se donne à Mitterrand ; le photographe des arbres sous Mitterrand puis Chirac. Ces noms de présidents sont autant de têtes de chapitres, l’un d’eux sera
même un personnage du roman (Mitterrand).
"Une vie française" est un peu la saga d’une famille sous la Cinquième République mais c’est d’abord une histoire d’un couple, à la Dubois, avec un homme fragile et une femme décidée.
Paul a épousé la fille de son patron, Anna ; elle va devenir une brillante chef
d’entreprise, fana du libéralisme, du management moderne, de la croissance à deux chiffres, du marketing et de la communication. Elle lui abandonne le terrain domestique, c’est l’homme au foyer qui élève les enfants.
Un roman d’une grande sensualité. Dubois, sous son côté papa poule, est sinon un érotomane, du moins un grand amoureux qui a des liaisons multiples et répétées, dont l’auteur sait parler avec joie et exhubérance.
Un roman tragique car le destin de la femme et des enfants connaîtront des sorts terribles= krach boursier, faillite, accident mortel, folie.
Un roman écolo car Dubois, au dela de sa passion pour les arbres,
manifeste une complicité époustouflante avec la nature.

Le héros chez Dubois est un anti héros par excellence, légèrement déprimé, peu sûr de lui, mécontent de sa vie, un homme banal ; il a connu la mort du frère, frère brillant, frère aimé, frère préféré ; cette blessure ne refermera jamais ; son frère mort, ses parents désormais absents, noyés de chagrin, Paul va devoir apprendre à vivre seul ; la solitude, l’isolement, l’atomisation du héros vont de pair avec un désir de vivre plus fort que tout.
Le roman fait vivre également des dizaines de personnages "secondaires".
On rit, on pleure, on compatit.

Journaliste du Nouvel Observateur, Dubois est un auteur prolixe, depuis « Eloge du gaucher » (1984) ; on mentionnera notamment « Kennedy et moi ».
(Café littéraire 2005).

L’Olivier



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