Franck et Vautrin

Cher Boro

Le 6e volume d’une série intitulée « Les aventures de Boro, reporter
photographe ». Ce roman écrit à quatre mains est une singularité née
voilà vingt ans, en 1987, quand les deux romanciers créèrent « La dame
de Berlin ». On y découvrait Blémia Borowicz, alias Boro, jeune immigré
hongrois à Paris, photographe portant une canne et un Leica, boiteux,
ténébreux, élégant, aventureux, amoureux, antifasciste. Le personnage de
Boro était inspiré du reporter Robert Capa.

Dans ce premier livre, Boro, à Berlin au début des années 30, se
bagarrait avec les chemises brunes. Suivront « Le temps des cerises »
(1990) sur le Front populaire ; « Les noces de Guernica » (1994) sur la
guerre d’Espagne ; « Mademoiselle chat » (1996) sur la fin des années
trente ; « Boro s’en va t’en guerre » (2000) dont le titre dit bien le sujet.

Ce 6è volume commence au tout début de l’année 1942. Parachuté en
France, Boro est chargé de créer un réseau de résistance, d’’espionner
pour les alliés les installations militaires nazies ; il est aussi
sollicité par des amis allemands pour photographier un nouveau char
d’assaut nazi.

On traverse des séquences historiques que les auteurs décrivent avec
bonheur : en Allemagne, la gloire et l’extermination du groupe des
résistants antinazis de la Rote kapelle, l’Orchestre rouge ; en France,
la traque et l’arrestation de Jean Moulin. En même temps, le tragique et
le comique se côtoient : Boro finit par établir son QG dans un bordel de
Barbès, un bordel patriotique disent ces dames, où les alcoves sont des
lieux de résistance...

Bref, 500 pages vivantes, généreuses, descriptives, précises,
mouvementées, et à la clé un grand roman d’aventures dans la filiation
du roman feuilleton à la française, de l’écriture populaire qui eut son
heure de gloire au 19è siècle avec Eugène Sue et « Les mystères de paris
 » ou Paul Feval et son « Bossu », sans parler de Ponson du Terrail ou
Alexandre Dumas.

Dan Franck a eu le prix Renaudot pour « La séparation » ( 1991) ; Jean
Vautrin est l’auteur d’une vingtaine de romans, dont « Billy ze kick »
(1974), « La vie ripolin » (1986), « Un grand pas vers le bon dieu »
(1989), prix Goncourt.

Fayard



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